L’eau, source de conflits entre agriculteurs et défenseurs de l’environnement

L'eau, source de conflits entre agriculteurs et défenseurs de l'environnement

 

Le projet de barrage de Caussade, dans le Lot-et-Garonne, a remis en lumière la conflictualité de l’accès à l’eau entre défenseurs de l’environnement et agriculteurs irrigants. Pourtant, l’État avait mis en place, après la mort de Rémi Fraisse, un cadre censé favoriser le « dialogue » et la « co-construction » autour de cette question. Par Baptiste Giraud (Reporterre).

À quand les pénuries d’eau dans les grandes villes du Sud-Ouest français en été « Le déséquilibre dans les cours d’eau est estimé à ce jour entre 200 millions et 250 millions de m3 par an. Il va s’accroître dans les années à venir, sous l’effet du changement climatique. Il pourrait atteindre entre 1 milliard et 1,2 milliard de m3 en 2050. » C’est le préfet coordinateur du bassin versant Adour-Garonne (qui s’étend de la Charente aux Pyrénées) qui l’écrit.

À l’été 2017, par exemple, la ville de La Rochelle et des communes de Lozère ont été menacées par « d’importants problèmes d’approvisionnement en eau potable », poursuit le préfet. Et la situation ne peut que s’aggraver avec la croissance démographique de ces zones (50.000 habitants en plus par an en Occitanie, 20.000 en Nouvelle-Aquitaine). « La situation globale est, à ce jour, déséquilibrée : le niveau des prélèvements réalisés pour les différents usages n’est plus compatible avec l’objectif de maintien des débits objectifs d’étiage adaptés au bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques », note le même préfet.

Mettre en place une concertation selon les modalités d’un « projet de territoire »

Parmi les plus gros consommateurs d’eau en été : les agriculteurs irrigants, qui pompent dans les cours d’eau et nappes phréatiques. Leurs pompages représentent 75 % des prélèvements en été, contre 10 à 1