Castres. Les usagers de l’eau s’invitent dans le débat

Inlassables défenseurs d’un service de l’eau géré dans les règles, Noël Legaré et Georges Carceler du comité des usagers de l’eau apportent leur regard d’expert sur la situation actuelle avant les Municipales.

Le comité des usagers de l’eau revient sur le conflit qui a opposé la ville à la Lyonnaise des Eaux. Et il prend part au débat municipal en émettant un avis réservé sur un tarif «équitable» de l’eau proposé par certains candidats aux municipales.

C’est avec leur expertise sur le dossier de l’eau à Castres que le comité des usagers de l’eau a décidé d’apporter son regard sur la situation actuelle d’une affaire complexe qui date de la fin des années 1990. Devant l’assemblée de ses membres, le comité a ainsi notamment expliqué tout récemment que le conflit entre la Ville et la Lyonnaise était soldé puisque la somme de 32 millions d’€ a bien été versée par «la ville» à la Lyonnaise. Mais pour Noël Legaré, représentant le comité: «C’est bien la ville qui a été condamnée à payer 32 M d’€ mais en réalité, cette somme a été payée pour partie par la ville (14 Md’€. NDLR) mais pour le reste payé par la régie Castraise de l’eau. Celle-ci a effectué un emprunt de 18 Md’€ et donc actuellement ce sont les abonnés de l’eau qui remboursent ce crédit. Et ce n’est pas légal.» Et son collègue Georges Carceler ajoute: «A notre avis, la ville serait une fois encore condamnable comme en 2001. D’après nous, le prix de l’eau à Castres est illégal puisqu’il intègre des dépenses étrangères à l’exploitation de l’eau et de l’assainissement. Cela représente un surcoût de 40 centimes par m3 environ pour rembourser l’emprunt.»

Plus largement, Noël Legaré ajoute: «Il faudrait que les élus du prochain conseil municipal aient le courage de reprendre cette dette dans les comptes municipaux. Si l’on veut moraliser la vie publique, il faut en passer par là. Et cela ne mettrait pas à genou financièrement la ville.»

Pour autant, le comité des usagers reste solidaire du choix effectué par la municipalité de Pascal Bugis qui a rompu le contrat d’afermage avec la Lyonnaise en 2004: «Malgré tout ce qui est arrivé, le prix de l’eau à Castres est moins cher que la moyenne des villes de même grandeur. Le service offert par la Castraise de l’eau est d’excellente qualité. Il y a des projets et des avancées et sa gestion nous semble saine. Mais c’est de notre rôle de dire aussi les choses qui ne vont pas.» ajoute Georges Carceler qui siège au conseil d’administration de la Castraise.


Tarif «équitable» ou «social» ?

Dans la même veine que le raisonnement sur l’emprunt de 18 Md’€, le comité des usagers est plutôt réservé sur la proposition faite par les candidats Bugis (DVD) et Testas (PS) d’instaurer un tarif «équitable» de l’eau. Sans rentrer dans le détail de la proposition de chacun de ces candidats, Noël Legaré commente: «On ne voit pas l’urgence d’appliquer un tel tarif différencié de l’eau avec une première tranche d’eau gratuite et une seconde tranche progressive. La Castraise de l’eau se préoccupe déjà de ceux qui ont du mal à payer leur facture en proposant étalement et recours aux aides sociales. Le prix de l’eau à Castres est déjà bas et les impayés représentent 1500€ par an environ. C’est peu vis à vis du nombre d’abonnés. Voudrait-on encore une fois faire payer aux usagers des charges supplémentaires qui ne concernent pas l’exploitation du réseau d’eau ? Si des mesures sociales doivent être prises pour aider certains Castrais en difficulté, cela incombe à la ville, aux services sociaux, conseil général ou CAF …etc. Mais pas à la Régie nous semble t-il.»


REPÈRES – Le chiffre : 32 millions d’€> d’indemnités. C’est la somme payée à la Lyonnaise suite à la rupture du contrat de 1991. 14 Md’€ ont été payés par le budget de la ville et 18 Md’€ payés par la Castraise de l’eau via un emprunt.

«D’après nous, le tarif de l’eau est toujours illégal à Castres puisqu’il comprend des charges qui sont étrangères à l’exploitation du service». Noël Legaré, comité des usagers

Article publié le 25/02/2014, La dépêche.

Annemasse : transition citoyenne pour l’eau !

Le «Collectif pour une Transition Citoyenne Annemasse et Région» a interpellé toutes les listes aux élections municipales dans la région d’Annemasse sur les engagements des candidats pour lutter contre le réchauffement climatique et pour la transition écologique et énergétique au niveau local. L’eau bien commun a été un volet sur lequel la plupart des candidats ont été sensibles. Lors d’une conférence de presse organisée le 18 février 2014, Yvan Schallengerger, porte parole du Collectif pour une Transition Citoyenne Annemasse et Région et Natalia Dejean, Présidente de la Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes et de l’association locale InterSolidar ont rendu publics les engagements des candidats. >>> en savoir +

Le_Dauphiné_21_02_2013

Hausse du prix : les habitants mobilisés à Coulommiers (Seine-et-Marne)

« Pour 50 m3 d’eau, on
est passé de 178 € avec
Veolia à 210 €
aujourd’hui avec la
Lyonnaise ».

Le point avait été soulevé lors
du dernier conseil municipal de Coulommiers il y a dix
jours. Devant I’incompréhension
voire l’inquiétude de certains habitants,
face à Ia hausse du prix de
l’eau, le maire (UMP) Franck Riester
annonçait alors une « communication» prochaine de la Lyonnaise
des eaux sur le nouveau gestionnaire
du servlce depuis le
1er juillet demier en remplacement
de Veolia. C’est maintenant chose faite… Voir article ci-bas

eau le parisien 19 02 2014Coul-facture-eau-1Coulommiers
Facture d’eau : des précisions s’imposent
Gestionnaire du service public de l’eau potable de Coulommiers, la Lyonnaise des eaux apporte aujourd’hui quelques explications quant à la dernière facture reçue.
Le Pays Briard, 17/02/2014 à 15:45

Voilà maintenant une semaine, lors de la dernière réunion du conseil municipal de cette mandature, c’est sans tarder que Franck Riester, député maire de Coulommiers, a souhaité donner quelques précisions quant à la dernière facture d’eau reçue en janvier par ses administrés. En effet, le sujet interroge et même inquiète un certain nombre de Columériens, comme nous le confiait, en aparté de la séance, Yvon Tregoat, conseiller municipal d’opposition, également soutien de Josy Mollet-Lidy, qui brigue la plus haute fonction municipale.
Avant d’annoncer le premier point à l’ordre du jour, l’édile a précisé en préambule que la Lyonnaise des eaux est devenue gestionnaire du service public de l’eau potable de Coulommiers le 1er juillet dernier (en remplacement de Veolia) « après procédure d’appel d’offres et de mise en concurrence ». Une procédure classique donc, mais qui ne convient sans doute pas à ceux et celles ayant leur préférence pour une gestion municipale du service de l’eau, avec la question des compétences que ce choix implique. Très vite, Franck Riester a éclairé son auditoire, particulièrement fourni pour l’occasion, sur le détail de la fameuse facture, annonçant une communication de la Lyonnaise des eaux sur le sujet d’ici peu.

La suite à lire dans Le Pays Briard du mardi 18 février

LIMAY : ce que permet une régie publique….

Suite au courrier que l’AREP-CAMY a adressé aux Maires et aux candidats aux élections municipales et qui contenait un comparatif des prix entre la CAMY-Veolia et la régie de Limay,>>>lire ICI , le Maire de Limay nous a adressé un document  dont voici les principaux extraits :

 » A Limay, il y a bien longtemps que la question du choix du mode de gestion ne se pose plus dans les mêmes termes que dans les autres communes. Non seulement, Limay a fait le choix d’une gestion en régie proche de l’abonné depuis maintenant plusieurs décennies et qui lui a permis de faire bénéficier ses usagers d’un prix de l’eau parmi les plus bas en Ile de France, mais elle a toujours cherché à étendre le périmètre de sa régie à travers les EPCI dont elle est membre (…).

Ainsi, les habitants de  Guitrancourt  et de Fontenay St Père ont vu en 2011 baissé de 40 % leur facture d’assainissement lorsque la régie a succédé à Véolia après la fin du contrat de Délégation de Service Public concernant les réseaux d’assainissement (…).
Le choix d’une gestion en régie a permis d’assurer à la collectivité une relative indépendance (maitrise des choix tarifaires, relation à l’abonné, maitrise de la gestion de son patrimoine…) face aux grands groupes, bien que nous ne détenions pas encore nos propres ressources en eau.

  • Une tarification garantissant le fait que les dépenses en matière de factures d’eau ne dépassent pas 3% des ressources annuelles d’un ménage.
  • Garantir la gratuité des premiers mètres cube d’eau indispensables à l’hygiène et à l’alimentation (…).

Les études ont montré que la part d’eau consommé par un limayen moyen destiné à une consommation essentielle à l’hygiène et l’alimentation représente  entre 30 et 40% de sa facture d’eau. Ainsi, à Limay l’autonomie dont nous disposons face aux grands groupes nous permet d’atteindre ces objectifs en proposant : de rendre gratuit 40 % du volume d’eau consommé pour l’ensemble des usagers domestiques Limayens, tout en maintenant la même capacité à investir et entretenir notre patrimoine. »

La démonstration n’est plus à faire depuis longtemps !
Qu’attendent donc les élus sortants et les candidats aux municipales de mars prochain pour en tirer la seule conclusion qui s’impose et s’engager à rétablir une régie publique pour toutes les communes de la CAMY ?

Maurice MARTIN.