Grand Avigon: après le renouvellement de la DSP

Nous voici à plusieurs mois du Conseil Communautaire COGA qui a décidé, par 36 voix contre 22, de poursuivre une gestion privée de l’eau et de l’assainissement de 33 ans dont le bilan est catastrophique :
• Bonjour l’eau trop chère, les coupures illégales
• Bonjour les fuites dans les réseaux mal entretenus d’eau et d’assainissement
• Bonjour l’opacité des comptes
• Bonjour les droits des usagers piétinés

• Bonjour les Millions d’€ versés à la maison-mère de Veolia et des autres sociétés

Par le Collectif de l’Eau-Usagers d’Avignon

Lors du Conseil Communautaire du 17 juillet, qui a dit ?

« Je voudrais simplement faire un bilan rapide sur la qualité que le prestataire nous a offerte tout au long de ces années de concession. Un service de qualité, 365 jours sur 365, en étant capable de reconnaître ses erreurs, quand il y en avait ; d’assumer les réparations, quand il y en avait et dans des positions particulièrement difficiles, dans des moments jamais très confortables, parce qu’il s’agissait souvent du week-end. »

« Est-on en droit de mettre en jeu la sécurité sanitaire de l’eau ? La réponse est simple, c’est non. Est-on en droit de mettre en jeu la situation financière du GRAND AVIGNON ? La réponse est simple, c’est non. Est-on en droit de courir des risques techniques ? La réponse est simple, c’est non. Est-on en droit de faire courir à la Communauté d’agglomération des risques juridiques ? La réponse est simple, c’est non. »

De tels propos nous laissent pantois ! Ils sont de Jean-Marc Roubaud. Non seulement, il ne tire aucune leçon du passé, trouve l’expérience très satisfaisante et il la présente comme la solution d’avenir qui évite à la Collectivité tous les risques.

Donc il a deux fois FAUX pour le passé et pour l’avenir.
Ainsi le choix de la Régie serait de « prendre tous les risques » et en déléguant, le Grand Avignon et ses élus se débarrassent de tous les risques !! FAUX, archi FAUX

• Tous les risques : sanitaires – techniques – juridiques (et nous ajoutons politiques) NE SONT PAS TRANSFÉRABLES, car intrinsèquement lié au service public et en droit français, c’est la Collectivité publique qui l’assume.
• En déléguant, le Grand Avignon ne transfère qu’un seul risque : le risque financier qui n’existe pas car le « marché de l’eau » est captif : personne ne peut s’en passer et personne ne peut aller chez un autre fournisseur. D’ailleurs le montant assuré des recettes (eau et assainissement) est de 21M€/an pour les factures des seuls Avignonnais et ce montant n’est jamais donné ni seulement prononcé dans la discussion. Étrange ! Non ?

Le Président du Grand Avignon prétend transférer des risques au
délégataire, en fait il veut transférer ses RESPONSABILITÉS.

Nous avions la naïveté de croire que les élus sont « candidats à exercer des Responsabilités ». Eh bien NON ! Les responsabilités sont vécues comme des « CHARGES » dont il faudrait se débarrasser pour être tranquille. Manoeuvre complètement vaine au demeurant car la gestion de l’eau leur revient comme un boomerang : faute de posséder la maîtrise par la Régie, les élus décideront les travaux, les financements, les orientations, les innovations technologiques dictées par les sociétés des eaux.

Finalement, les élus PRO-DSP entraînent la Collectivité vers le pire des risques : celui de ne pas maîtriser le service, de ne pas pouvoir le contrôler, celui de la DEPENDANCE.

1/ RETOUR SUR UN DÉBAT MANQUE

Pendant des mois, JMR a refusé tout débat public, n’a pas donné ses arguments jusqu’au 8 derniers jours, se réfugiant derrière une prétendue étude de IRH qui s’est révélée être un faux-nez pendant que le Président décidait en coulisse.

Lors de ce Conseil Communautaire, il montre son vrai visage : PARTISAN

Mais alors que l’on aurait pu espérer un débat loyal sur des affirmations prouvées et vérifiables, une étude sérieuse basée sur l’expérience, nous avons eu droit à un déluge d’affirmations plus fausses les unes que les autres et destinées à impressionner.

Débat manqué car non assumé par le Président du Grand Avignon, mais il a bien fallu qu’il se révèle et nous allons écrire le bêtisier des élus PRO-DSP. En effet, cette envolée sur les « risques » n’est qu’une partie des CONTRE VERITES flagrantes qui ont été dites ce jour-là.
Citons-en quelques autres :
1. « La Régie oblige le GAv à embaucher 120 fonctionnaires » alors que les salariés de la Régie ne sont pas fonctionnaires et que le service actuel fonctionne avec 82 ETP (Equivalent Temps Plein)
2. « Le Trésor Public refuse de faire les factures »
3. « La situation financière du GAv serait en péril par la gestion de l’eau »
4. « Le GAv n’a pas le budget », etc…etc… alors que le budget Régie est autonome et alimenté par les seules factures des usagers « l’eau paye l’eau »

La grosse caisse du « catastrophisme » a plu à beaucoup de Conseillers et Maires qui s’imaginent se débarrasser de leurs responsabilités et tombent de fait dans la soumission blâmable à des sociétés privées à l’affut du gros pactole que peut apporter l’eau.

2/Un mot du Vote Secret et du comportement de nombreux élus

Vous l’avez remarqué : tous les votes au Conseil Communautaire ont lieu à main levée, sauf ……. pour voter le mode de gestion de l’eau et de l’assainissement. S’agissant d’élus qui doivent rendre compte aux citoyens, ce vote secret est particulièrement scandaleux.

Le scrutin secret conçu pour protéger le citoyen des pressions de toutes sortes, se trouve « instrumentalisé » par un président d’Agglo pour protéger ….. les élus. Un comble !

Des élus qui se protègent et qui fuient !

3/ ET MAINTENANT ?

Et si le vrai débat – celui que JMR a refusé– avait lieu maintenant !
Nous allons publier le bêtisier, le faire connaître des habitants.
Des décisions dans le brouillard, les écrans de fumée, les fausses études indépendantes, les bobards plus gros les uns que les autres, de telles décisions n’ont pas d’avenir.

Maintenant, on est dans le concret :
Alors, nous avons entendu des élus réclamer un cahier des charges-béton avec une liste d’exigences et de contraintes pour la société des eaux idéale qui ne fera pas de bénéfices.
Eh bien : où est-il votre cahier des charges BÉTON ?
Alors nous avons entendu des Maires réclamer un contrôle très strict du délégataire afin d’endiguer les abus (Tiens, il y a des abus ?)
Eh bien : où est-il votre contrôle, quand pendant 35 ans vous avez omis de créer la Commission de contrôle financier, quand vous refusez de comparer
• les comptes d’affermage présentés par le délégataire
• aux comptes sociaux obligatoirement déposés au Tribunal de Commerce ?
Vous qui avez refusé d’acquérir le savoir et la maîtrise au moyen de la Régie, comment serez-vous « compétent » devant le délégataire qui sait tout ? Ah ! ça y est nous avons compris, votre contrôle, c’est IRH.

4/ REVENONS SUR IRH

Donc, un bureau d’études fut appelé à la rescousse, en déclarant partout qu’il s’agissait d’un BUREAU D’ÉTUDES INDÉPENDANT, comme cela est écrit sur la page de garde de sa publication et comme M. Trucco n’a cessé de le répéter publiquement.

Indépendant ? faux-archi faux
IRH est lié à HYDREOS, une société où siègent les marchands d’eau : Veolia – Suez – Saur. D’ailleurs, l’unique actionnaire et PDG de IRH, M. Yves Berheim, était président de HYDREOS et au même Conseil d’Administration que les 3 sociétés des eaux, nous en avons la preuve.

Plusieurs rôles furent attribués à ce bureau d’études :
1. un rôle de faux-nez destiné à faire croire que le problème était étudié démocratiquement, pendant qu’en coulisse tout se décidait en faveur de la gestion privée. Cela est flagrant quand on constate qu’aucun élu PRO-DSP n’a étudié le rapport (seul Olivier Gros en a parlé), aucun ne s’y est référé pour donner un quelconque argument fiable.
2. un rôle de fausse expertise sur la gestion passée
Cette AMO (Aide à la Maîtrise d’Ouvrage) aurait pu être intéressante si un AUDIT de la gestion passée en était ressorti (tâche qui était dans le bon de commande). Pas du tout : on a des pages et des pages de « copié-collé » des contrats et de leurs avenants indiquant « tout a bien fonctionné ». A travers, ce sont les délégataires qui parlent….
• Oubliés les rapports de la Cour des comptes, enquêtes SRPJ, audits successifs… sur la rentabilité du contrat.
• Oubliés les 40% de fuites d’eau pendant des décennies,
• Oubliée la Station d’épuration de 1992, jamais terminée, etc…
3. Et maintenant un 3ème rôle : celui de conduire la main de la Collectivité vers un contrat et un tarif que les élus feront semblant de choisir pour « le bien de tous ».

5/ UNE DSP INFAISABLE

Donc, la décision du 17/07/2017 et le bras armé IRH amènent immanquablement vers une (ou plusieurs) de ces 3 sociétés VEOLIA – SUEZ – SAUR
Toutes les trois discréditées
Toutes les trois disqualifiées, à la fois par l’expérience de leur gestion passée et actuelle, par les condamnations que les Tribunaux ont prononcées à leur égard.
Elles peuvent toujours jouer un rôle – en tant que professionnelles de l’eau – dans des prestations de service, des marchés ponctuels, mais il faut leur enlever le pouvoir exorbitant que leur attribue un contrat d’affermage ou de concession.
Ce pouvoir est essentiellement le droit de disposer à leur guise de l’argent des factures pour faire « ce qu’elles veulent, quand elles veulent, comme elles veulent ». ( n’a-t-on pas inventé l’autofacturation pour cela?)
L’Argent Public des Factures doit être dirigé vers la Collectivité
SEULE LA REGIE PUBLIQUE DE L’EAU LE PERMET
C’est à quoi nous allons nous employer, pour que le Grand Avignon ne passe pas à côté d’un grand projet novateur, performant, porteur d’avenir, dans l’intérêt des 17 communes de l’agglo, projet que nous avons appelé :
LA REGIE DE L’EAU DES DEUX RIVES
Il y aura un deuxième vote dans un an : LE CONTRAT : OUI ou NON
Nous allons nous attacher à rendre infaisable la DSP
Un an ! pas un seul jour à perdre !

Collectif de l’Eau-Usagers d’Avignon

7, impasse des fleurs
84000 AVIGNON

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