Inondations à Quimper : ça sent mauvais!

A Quimper, les inondations récentes posent le problème de la maîtrise des eaux de ruissellement, d’un habitat raisonné, du maintien des terres agricoles, du respect des zones humides …

L’urgence d’aménager de façon durable les bassins versants s’impose. Les dernières pollutions du Quinquis fin octobre ont vu des eaux usées nauséabondes
inonder des prairies en aval du poste de relevage qui a, une nouvelle fois, dysfonctionné. La gestion de l’assainissement est confiée à la SAUR. Par contre, la conception, le renouvellement partiel ou total des équipements, tant pour les eaux usées que pour l’eau potable (stations d’épuration, postes de relevage, surpresseurs en cas de pression insuffisante, réducteurs généraux de pression en cas de pression excessive, canalisations …) sont à la charge des communes ou de la communauté de communes qui ont une obligation de résultat.

L’association Eau secours 29 est mobilisée sur ce sujet.
Elle s’apprête à adresser un questionnaire à toutes les listes se présentant aux élections municipales dans les communes de Quimper Communauté.
Les réponses voire les non réponses seront rendues publiques.Télécharger le questionnaire ICI

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En décembre 2013, après plusieurs années de mobilisation, l’association eau secours 29 remporte une belle victoire pour l’installation de réducteurs de pression généraux par quartier, suivant l’exemple de la ville de Besançon (régie publique de l’eau avec des caractéristiques topographiques similaires). La presse s’empare du sujet et réalise un sondage, qui montre que les habitants sont très majoritairement favorables à une gestion publique de l’eau. (voir ci-bas)

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Asnières : recours juridique, on en débat!

A Asnières, la conférence-débat “L’Eau, bien commun” , a réuni environ 80 personnes le 7 février, représentant une large diversité : citoyens-yennes, élus-ues municipaux, candidats-tes aux prochaines élections municipales, quelques salariés et syndicalistes de plusieurs sites de production d’ Eau et force (Suez) et de Veolia.

A l’initiative de Attac 92, cette initiative a été un moment de riches débats, de réflexions communes et d’informations nécessaires à la concrétisation d’une gestion publique de l’eau potable.
Parmi les participants, Léo Landau, responsable de “Eau Claire de Seine” qui coordonne les actions (notamment un recours juridique) contre la décision du Syndicat des Eaux de la Presqu’Île de Gennevilliers (SEPG) qui a reconduit, en mai 2013, le principe de délégation du service public de l’eau, alors que la fin du contrat actuel est seulement en Juin 2015 ! Le recours pointe notamment les conditions curieuses de la tenue de cette réunion, en l’absence de tout public, les pouvoirs de police étant confiés au délégataire!
Jean-Claude Oliva, directeur de la Coordination Eau Ile de France (CEIDF), a rappelé que la tendance actuelle est au retour à la gestion publique. La création récente (en 2010) de la régie municipale de la Ville de Paris (EAU de PARIS) est une exemple positif, à plus d’un titre : baisse de 8% du prix du m3 de l’ eau, intégration des personnels issus des sociétés privées, augmentation de la masse salariale globale, approche sociale dans la fourniture de l’ eau potable, gouvernance plus démocratique (avec intégration des instances représentatives) , programmes ambitieux de maintenance et d’ investissement pour conserver un bon niveau de fonctionnement et d’ évolution technologique, etc.
Les participants ont pu relever que le tarif au SEPG est encore plus élevé qu’au SEDIF!
Affaire à suivre !
Le recours juridique qui a de fortes chances d’aboutir, rouvre la possibilité d’un retour à une gestion publique, en cas de changement de majorité au SEPG. Ce qu’a bien compris la majorité actuelle du SEPG, en tentant de modifier les statuts du syndicat à la veille des élections, pour empêcher toute remise en cause. Une tentative de putsch dénoncée par les élus socialistes, qui a échoué.

Tremblay : interpellation publique du maire au cours d’un meeting électoral

Nous publions l’excellent argumentaire prononcé par René Durand, pour interpeller publiquement François Asensi, le maire de la ville de Tremblay-en-France, lors d’un meeting électoral, au sujet de la reconduction du contrat en cours avec Véolia (reconduit sans discontinuité depuis 40 ans!) et sur la qualité de l’eau distribuée au robinet.

« Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Vous avez décidé de vous représenter aux élections municipales de mars 2014 pour diriger la ville de Tremblay-en-France pour les six ans à venir. Parmi les dossiers qui s’imposent à vous, la production et la distribution de l’eau potable.
C’est un domaine dans lequel la loi vous donne d’importants pouvoirs, tant en matière de gestion publique et démocratique, que de tarification sociale ou de préservation de la ressource. Maire de la seule ville de Seine-Saint-Denis où l’on trouve une régie communale de distribution d’eau, vous savez certainement de quoi je parle.
Comme membre de la Coordination eau Île-de-France, permettez-moi d’attirer ce soir votre attention sur le fait que le syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable de Tremblay-en-France – Claye-Souilly, dont votre ville est adhérente, va renouveler en 2016 le contrat d’affermage par lequel il a délégué la gestion. C’est Veolia, qui est l’actuel délégataire de ce service. En réalité, cette société gère ce service de l’eau depuis les années 1970, et cela sans discontinuer !

Certes, à l’heure actuelle rien ne peut être encore définitivement décidé quant au choix du mode de gestion à venir. C’est en effet le comité syndical, l’organe délibérant de ce syndicat, qui après avis de la commission consultative des services publics locaux, aura à choisir, sur la base d’un rapport technique, juridique et financier, entre une gestion en régie directe ou une gestion déléguée. Aussi surprenant que cela soit, sans attendre ce choix futur, ce syndicat laisse clairement entendre que « Pour la gestion de son réseau, le SIAEP TC s’oriente vers la délégation de service public sous la forme juridique d’un affermage ».

La Coordination eau Île-de-France, engagée en faveur de l’eau bien commun et du droit humain à l’eau, estime que la gestion de ce service doit être publique, ne peut être privatisée et doit se faire sous le contrôle citoyen des usagers.

Comme vous le savez, la délégation de service aux entreprises dessaisit les élus de leurs responsabilités. Ce mode de gestion a permis à ces grands groupes comme Suez, Veolia ou la SAUR de devenir des fers de lance de la mondialisation financière. Or la France est le berceau de ces multinationales, et cela donne aux citoyens français, et à notre organisation, une responsabilité particulière.

La délégation de service public a aussi des conséquences directes sur la facture des usagers.
Aussi, il nous semble important que le choix soit débattu en toute clarté avec les citoyens à l’occasion de la campagne électorale. Dans ce sens, je vous prie de vous prononcer, dès ce soir, sur votre intention ? Une gestion publique ou le maintien de la gestion privée existante ?

Enfin, permettez-moi de vous rappeler l’action que nous conduisons quant à la qualité de l’eau distribuée par l’usine de Veolia située sur le territoire d’Annet-sur-Marne. En effet, en période hivernale, à chaque décollage sur la plate-forme aéroportuaire de Paris CDG, les avions sont dégivrés, déverglacés, et les pistes déneigées. Les produits et les molécules chimiques diffèrent selon l’objectif poursuivi, mais plusieurs composants à base de glycol sont utilisés dans ces opérations.
Ces produits chimiques, malgré les traitements mis en oeuvre pour les éliminer, sont rejetés au final dans le milieu naturel. La présence de glycol a été relevée dans la Marne, dont les affluents (Reneuse et Beuvronne) recueillent la majeure partie des rejets d’eau pluviale en provenance de la plate-forme via le bassin des Renardières. Ce rejet se fait juste avant la prise d’eau de l’usine de production d’eau potable située à Annet-sur-Marne.
Cette situation nous a conduits à demander au tribunal administratif l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant les rejets des eaux pluviales de l’aéroport dans la Marne. Notre inquiétude est d’autant plus grande que les mêmes affluents de la Marne reçoivent les eaux pluviales en provenance de sept décharges situées dans les environs ! Le Parisien du 4 février dernier s’en est d’ailleurs fait l’écho. Peut-on vraiment produire de l’eau potable à partir d’une eau brute aussi dégradée ? Veolia répond oui, sur la base de ses compétences technologiques, mais les analyses de l’eau produite montrent que non !

En tout état de cause vous nous trouverez à vos côtés dans toutes les initiatives que vous compterez mettre en oeuvre pour un débat citoyen sur ces questions.
Enfin sachez que nous comptons saisir par écrit, mais aussi oralement comme ce soir, tous les candidats aux municipales des villes adhérentes de ce syndicat, en leur demandant de se positionner sur cette question de la gestion de l’eau, bien commun qui ne peut être considéré comme une marchandise ! »

Pas de réponse du maire pour le moment!

Bourgogne : les citoyens mobilisés à Blanzy

Le débat organisé le 7 février à Blanzy, pour la promotion d’une gestion publique de l’eau en vue des municipales, a rencontré un franc succès. Environ 80 personnes étaient présentes; à la tribune, Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomérations de l’Essonne, a repris à une multinationale la gestion de l’eau sur son territoire. « L’eau n’a pas de prix, ce n’est pas une marchandise », a-t-il dit en préambule aux 80 personnes présentes, avant de raconter son expérience personnelle et d’énumérer tous les bienfaits d’une gestion publique de l’eau pour les usagers.

À la veille des échéances municipales, les futurs élus municipaux et communautaires locaux auront à se prononcer, fin 2017, sur la poursuite de la délégation de la gestion de l’eau par Veolia sur la communauté. Le Parti de gauche, par la voix de Gabriel Amard, a montré qu’il existe une autre solution : la gestion publique, sans passer par la délégation d’une multinationale.

Le conférencier a donné des conseils sur la marche à suivre, qui commence par une votation citoyenne, et a insisté sur les coûts bien moindres d’une gestion publique (37 % en moins à prestations égales). Il a donné des chiffres, parlé des factures peu claires, des délégations privées que sont Veolia, La Lyonnaise des eaux ou Suez, qui semblent plutôt « s’engraisser sur le dos des usagers. L’eau vitale doit être accessible à tous et gérée publiquement. La gestion publique est une solution plus transparente et moins onéreuse. Avant les prochaines échéances municipales, il est temps d’y réfléchir et de questionner les futurs élus. »

Une soirée débat qui a sans doute fait réfléchir l’assistance. Gabriel Amard a terminé en répondant à de nombreuses questions et a précisé que France eau publique est un organisme qui peut aider et conseiller pour démarrer une gestion publique de l’eau. Une affaire à suivre et du grain à moudre pour les futurs élus