Category Archives: Droit à l’eau

Les anti «Tafta» chez Veolia

C’est avec le slogan «Tafta, assez de cadeaux à Veolia» qu’une trentaine de militants du collectif Stop Tafta (qui réunit Attac, des syndicats et des partis de la gauche radicale) ont pénétré dans l’agence commerciale de Veolia à François-Verdier, hier en fin de matinée. Ils ont souhaité rencontrer les représentants locaux de la multinationale française, car «le Grand marché transatlantique (ou Tafta) va donner plus de pouvoir aux multinationales par rapport aux gouvernements démocratiquement élus. Le choix de Veolia est symbolique, car l’entreprise a porté plainte contre le gouvernement égyptien qui a décidé d’une augmentation du salaire minimum. Elle fait pression sur les négociations du Traité transatlantique entre les États-Unis et l’Union européenne», explique Jean Sineau d’Attac. Une cible bien choisie, car «Veolia a aussi la mainmise sur la gestion de l’eau à Toulouse», ajoute le militant. Cette action se place dans le cadre d’une manifestation internationale qui a lieu aujourd’hui à Bruxelles.


Article paru dans La Dépêche du Midi du 19 décembre.

Istres : Vague de colère contre la hausse des factures d’eau

Publié le Jeudi 11/09/2014 à 05H31 sur laprovence.com, par Stéphanie Durand

Trois cents familles seraient concernées par une hausse importante de leur consommation. La SEERC met en cause le travail d’un agent qui avait minoré les relevés de clients en 2013

Vague de colère contre la hausse des factures d'eau
Hier matin, des riverains se sont réunis pour lancer une action collective auprès de la SEERC. Celle-ci, par la voix son chef territorial, Renaud Bernard () se dit prête à recevoir les usagers individuellement.

Photos Serge guéroult

En découvrant leur facture d’eau, au début du mois de septembre, ce fut la douche froide. Car pour ces riverains, l’addition s’avère particulièrement salée : leur consommation d’eau a enregistré une hausse étonnante faisant doubler, voire, pour certains, tripler leur facture, par rapport à l’an dernier… Alors, à l’heure de s’acquitter de ses impôts, la pilule passe mal.

Par le bouche-à-oreille et grâce aux réseaux sociaux, ces contribuables se sont rendu compte que leur cas était loin d’être isolé. Et hier matin, à la suite d’un appel lancé sur Facebook, une quinzaine d’habitants s’est réunie, aux Cognets, pour tenter de se fédérer et d’initier une action collective auprès de la SEERC (Société Equipement Entretien Réseaux Communaux). Une pétition circule.

« Ma facture est passée de 400 à 800, sans raison, sans que l’on ait changé nos habitudes de consommation, témoigne Géraldine Joly, qui vit en famille à Rassuen. Lorsque nous avons contacté la SEERC pour avoir des explications, on nous a donné des excuses à chaque fois différentes : que l’on devait avoir des fuites sur notre installation, ce qui est faux car nous avons fait tous les tests ; on nous a dit aussi qu’il y avait beaucoup de vols d’eau dans le Sud de la France ! Dernière justification : un bug informatique, il faudrait donc rattrapper certaines sommes qui n’ont pas été débitées les années précédentes.« 

« C’est un dialogue de sourds avec la SEERC qui nous laisse sans véritable réponse« , s’agacent les riverains. « Ma mère vit seule, près de la clinique d’Istres, elle est handicapée, n’a pas de piscine ni de jardin. L’échéancier est passé de 35 à 184! », bondit Sophie Rouane. « Je payais 42 par mois et aujourd’hui, 110, indique, dépitée, Carmen, habitante de la Prédina. La différence est énorme !« 

« Rien que dans la rue de la Rose des vents, 17 habitations se trouvent confrontées à cette situation,calcule Emilie Houot.D’après ce que l’on voit sur les réseaux sociaux, nous sommes des centaines de familles dans le même cas. La SEERC nous répond de manière isolée et ne nous apporte aucune solution… » De quoi susciter l’incompréhension et la grogne des habitants.

Au total, 300 familles istréennes « de Rassuen et de la Prédina » seraient concernées par ce problème, selon la SEERC, qui tente de jouer la carte de l’apaisement. « Nous avons constaté cette année, au moment de la relève, qu’un agent avait minoré les relevés de 2013 de certains clients. Cet agent n’est plus dans l’entreprise, puisqu’il a été licencié l’an dernier, pour d’autres faits », explique Renaud Bernard, chef d’agence territorial. « Les consommations de 2013, poursuit-il, ont donc été reportées sur celles de 2014, d’où des consommations plus importantes cette année. » Autrement dit, les usagers doivent aujourd’hui payer ce qu’ils ont consommé sur deux ans. « Mais ils ne sont pas lésés, considère Renaud Bernard, car les tarifs du SAN Ouest Provence ont baissé cette année. » Les consommations étaient ainsi plus importantes, mais à un tarif plus bas. Consciente néanmoins de la « gêne » occasionnée, la SEERC se dit prête « à recevoir tous ceux qui le souhaitent individuellement pour étudier avec eux la mise en place d’un échéancier de paiement.« 

« Sauf qu’une partie de notre consommation est de 2013, fait valoir Emilie Houot, et la TVA n’était pas la même qu’en 2014… » « Elle est en effet passée de 7 % à 10 % sur l’assainissement« , concède Renaud Bernard qui étudiera, là encore, la question, au cas par cas. « Nous allons adresser un courrier personnel à chacun« , ajoute-t-il, avant d’insister : « Nous sommes à leur écoute et à leur service« .

Quant aux factures de 2015, qui inquiètent également les usagers, « elles seront basées sur les estimations régularisées« , promet Renaud Bernard.

Ces propos suffiront-ils à apaiser la colère des habitants ? Ces derniers étaient hier déterminés, à tel point qu’ils envisageaient même d’aller déposer plainte…

Sur le même sujet, un reportage sur TF1 >> ici

Perpignan : Véolia multiplie les coupures d’eau illégales

Un Perpignanais privé d’eau depuis 9 mois malgré l’interdiction légale

L’Indépendant, le 22 septembre par Arnaud Andreu
Jean-Jacques Fabreg se ravitaille régulièrement aux bornes à eau publiques avec ses jerricans.
Jean-Jacques Fabreg se ravitaille régulièrement aux bornes à eau publiques avec ses jerricans. PHOTO/A.A.

Malgré le vote, en avril 2013, de la loi Brottes interdisant les coupures d’eau pour impayés, celles-ci se poursuivent. Le Perpignanais Jean-Jacques Fabreg vit sans eau courante depuis décembre.

Pour Jean-Jacques Fabreg, les ennuis ont commencé en juillet 2013. Lorsque son propriétaire lui annonce qu’il devra désormais payer l’eau qu’il consomme directement à Veolia. « J’habite dans cet appartement depuis 16 ans, explique l’ancien ouvrier âgé de 59 ans qui réside avenue Panchot. Avant, il n’y avait qu’un seul compteur dans l’immeuble. L’eau était comprise dans les charges. On payait vingt-cinq francs par mois ». Jean-Jacques, qui perçoit actuellement pour tout revenu une allocation de solidarité de moins de 500 euros par mois, reçoit, le 30 septembre la première facture de Veolia. 79 euros. Compte tenu des ressources de Jean-Jacques, qui n’arrive plus à trouver de travail depuis 14 ans à cause de ses problèmes de colonne vertébrale, la somme n’est pas anodine.

  • Une coupure pour Noël

« La facture m’a paru très élevée. En plus, il n’y avait ni débit, ni explication, peste-t-il. Ils disent que c’est pour l’abonnement. Mais on n’a jamais signé de contrat. Et vu le tarif, j’aurais quand même aimé les rencontrer pour en discuter avec eux ». Jean-Jacques téléphone donc à Veolia. « J’ai dit à la secrétaire que je voulais voir quelqu’un, poursuit-il. Elle m’a répondu qu’on ne me dirait rien de plus que ce qui est écrit dans le contrat ». Jean-Jacques, qui assure n’avoir jamais vu la couleur du contrat en question, décide donc d’attendre.

Le 23 octobre, il reçoit une seconde facture, majorée à 94,75 euros. Mais le pire était encore à venir. Le 4 novembre, un dernier avis avant fermeture du compteur arrive dans sa boîte aux lettres. La coupure n’est pas immédiate. Pendant le mois qui suit, l’ardoise continue à monter. De pénalités en estimation de consommation, elle atteint le 11 décembre les 205 euros. Sur ce, Jean-Jacques écrit à Veolia par l’intermédiaire de son avocate. Dans le courrier en question, cette dernière explique que son client est dans l’incapacité de régler la facture d’un coup mais qu’il est prêt à le faire en payant 20 euros par mois. En parallèle, Veolia coupe l’eau à Jean-Jacques le 19 décembre.

  • La vie sans eau courante

« Depuis, je vais régulièrement me ravitailler en eau potable aux bornes publiques avec mes jerricans, explique-t-il. Je vais aux toilettes publiques et je me douche au club de rugby dont je fais partie« .

En janvier, Veolia répond à la missive envoyée par l’avocate. La société conseille à Jean-Jacques de s’adresser au Centre communal d’action sociale (CCAS) pour obtenir des aides de la collectivité. L’idée ne plaît pas trop à Jean-Jacques. De plus, il n’arrive pas à réunir tous les papiers nécessaires. Il finit par lâcher l’affaire. Et s’habitue à vivre sans eau courante.

Mais il ne se résigne pas pour autant : « Ce que je veux, c’est une facture correcte ou un échéancier raisonnable. Il est hors de question que ce soit le contribuable qui paie pour moi. Je ne suis pas un mauvais payeur. En 16 ans, je n’ai pas eu une dette ! ». Jusqu’à l’arrivée de Veolia.

  • Veolia : « Monsieur Fabreg n’est pas client chez nous »

Concernant le cas de Jean-Jacques Fabreg, Veolia botte en touche. « Il n’est pas client chez nous, explique-t-on du côté de la direction régionale de l’entreprise. Quand on ouvre l’eau dans un logement, on envoie le contrat à l’usager. Le paiement de la première facture équivaut à acceptation du contrat. Or, Monsieur Fabreg n’a jamais payé cette facture. Pour nous, c’est comme s’il n’y avait personne dans ce logement. Il n’accepte pas le contrat. On ne va pas lui laisser l’eau ! ».

Si Jean-Jacques Fabreg n’est pas client, pourquoi continuer à lui envoyer des factures ? « Il y a des frais d’accès. Vu qu’il est redevable d’une certaine somme, les courriers se déclenchent », répond la direction régionale de Veolia. La société nie par ailleurs avoir refusé un échéancier. Mais Jean-Jacques Fabreg dispose d’un courrier de Veolia confirmant ses dires.

Les ‘Usagers’ s’insurgent

De nombreux autres cas.

Ces derniers temps, l’Association départementale des usagers de l’eau est débordée. Si elles sont désormais interdites, en vertu de la loi Brottes du 15 avril 2013, les coupures d’eau pour impayés dans les résidences principales n’ont vraisemblablement pas disparu. Le président des Usagers, Dominique Bonnard, reçoit ainsi de nombreux coups de fil de personnes en situation précaire se disant victimes de telles procédures. Comme Marie-Christine Badie, de Bompas : « J’ai demandé à payer ma facture en trois fois. Mais ils n’ont pas voulu, raconte-t-elle. Le monsieur de Veolia est passé me couper l’eau ce jeudi matin. Je lui ai dit que c’était illégal et que j’étais prête à payer la moitié de la facture de suite. Mais il a refusé« .

Marie-Christine Badie, qui est au RSA et a deux enfants à charge, a été obligée d’emprunter de l’argent à un ami pour s’acquitter de sa dette (441,73 euros) jeudi après-midi. Veolia ne lui a remis l’eau que vendredi matin. Et, selon les Usagers de l’eau, la Bompassencque n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

« Saisir le juge des référés ».

L’Association des usagers continue de demander aux maires de rappeler au respect de la loi les sociétés auxquelles ils délèguent la gestion de l’eau. Dominique Bonnard conseille également aux personnes en proie à ce genre de mésaventures de contacter en urgence les greffes du Tribunal de grande instance : « Il faut qu’ils demandent à rencontrer le juge des référés. Constatant qu’il y a une atteinte à la santé publique, celui-ci peut imposer au délégataire de remettre l’eau ».

Caroline Hiroux obtient gain de cause. Suite à la parution d’un article racontant son histoire dans nos colonnes, le 5 septembre dernier, la firme a annulé le solde de la facture dont elle réclamait le paiement à Caroline Hiroux, de Céret, à qui elle avait coupé l’eau en février dernier.

Association départementale des usagers de l’eau. Tél. : 06 22 71 79 47.

E-mail : asso@usagersdeleau66.org.