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Tremblay : interpellation publique du maire au cours d’un meeting électoral

Nous publions l’excellent argumentaire prononcé par René Durand, pour interpeller publiquement François Asensi, le maire de la ville de Tremblay-en-France, lors d’un meeting électoral, au sujet de la reconduction du contrat en cours avec Véolia (reconduit sans discontinuité depuis 40 ans!) et sur la qualité de l’eau distribuée au robinet.

« Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Vous avez décidé de vous représenter aux élections municipales de mars 2014 pour diriger la ville de Tremblay-en-France pour les six ans à venir. Parmi les dossiers qui s’imposent à vous, la production et la distribution de l’eau potable.
C’est un domaine dans lequel la loi vous donne d’importants pouvoirs, tant en matière de gestion publique et démocratique, que de tarification sociale ou de préservation de la ressource. Maire de la seule ville de Seine-Saint-Denis où l’on trouve une régie communale de distribution d’eau, vous savez certainement de quoi je parle.
Comme membre de la Coordination eau Île-de-France, permettez-moi d’attirer ce soir votre attention sur le fait que le syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable de Tremblay-en-France – Claye-Souilly, dont votre ville est adhérente, va renouveler en 2016 le contrat d’affermage par lequel il a délégué la gestion. C’est Veolia, qui est l’actuel délégataire de ce service. En réalité, cette société gère ce service de l’eau depuis les années 1970, et cela sans discontinuer !

Certes, à l’heure actuelle rien ne peut être encore définitivement décidé quant au choix du mode de gestion à venir. C’est en effet le comité syndical, l’organe délibérant de ce syndicat, qui après avis de la commission consultative des services publics locaux, aura à choisir, sur la base d’un rapport technique, juridique et financier, entre une gestion en régie directe ou une gestion déléguée. Aussi surprenant que cela soit, sans attendre ce choix futur, ce syndicat laisse clairement entendre que « Pour la gestion de son réseau, le SIAEP TC s’oriente vers la délégation de service public sous la forme juridique d’un affermage ».

La Coordination eau Île-de-France, engagée en faveur de l’eau bien commun et du droit humain à l’eau, estime que la gestion de ce service doit être publique, ne peut être privatisée et doit se faire sous le contrôle citoyen des usagers.

Comme vous le savez, la délégation de service aux entreprises dessaisit les élus de leurs responsabilités. Ce mode de gestion a permis à ces grands groupes comme Suez, Veolia ou la SAUR de devenir des fers de lance de la mondialisation financière. Or la France est le berceau de ces multinationales, et cela donne aux citoyens français, et à notre organisation, une responsabilité particulière.

La délégation de service public a aussi des conséquences directes sur la facture des usagers.
Aussi, il nous semble important que le choix soit débattu en toute clarté avec les citoyens à l’occasion de la campagne électorale. Dans ce sens, je vous prie de vous prononcer, dès ce soir, sur votre intention ? Une gestion publique ou le maintien de la gestion privée existante ?

Enfin, permettez-moi de vous rappeler l’action que nous conduisons quant à la qualité de l’eau distribuée par l’usine de Veolia située sur le territoire d’Annet-sur-Marne. En effet, en période hivernale, à chaque décollage sur la plate-forme aéroportuaire de Paris CDG, les avions sont dégivrés, déverglacés, et les pistes déneigées. Les produits et les molécules chimiques diffèrent selon l’objectif poursuivi, mais plusieurs composants à base de glycol sont utilisés dans ces opérations.
Ces produits chimiques, malgré les traitements mis en oeuvre pour les éliminer, sont rejetés au final dans le milieu naturel. La présence de glycol a été relevée dans la Marne, dont les affluents (Reneuse et Beuvronne) recueillent la majeure partie des rejets d’eau pluviale en provenance de la plate-forme via le bassin des Renardières. Ce rejet se fait juste avant la prise d’eau de l’usine de production d’eau potable située à Annet-sur-Marne.
Cette situation nous a conduits à demander au tribunal administratif l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant les rejets des eaux pluviales de l’aéroport dans la Marne. Notre inquiétude est d’autant plus grande que les mêmes affluents de la Marne reçoivent les eaux pluviales en provenance de sept décharges situées dans les environs ! Le Parisien du 4 février dernier s’en est d’ailleurs fait l’écho. Peut-on vraiment produire de l’eau potable à partir d’une eau brute aussi dégradée ? Veolia répond oui, sur la base de ses compétences technologiques, mais les analyses de l’eau produite montrent que non !

En tout état de cause vous nous trouverez à vos côtés dans toutes les initiatives que vous compterez mettre en oeuvre pour un débat citoyen sur ces questions.
Enfin sachez que nous comptons saisir par écrit, mais aussi oralement comme ce soir, tous les candidats aux municipales des villes adhérentes de ce syndicat, en leur demandant de se positionner sur cette question de la gestion de l’eau, bien commun qui ne peut être considéré comme une marchandise ! »

Pas de réponse du maire pour le moment!

Bourgogne : les citoyens mobilisés à Blanzy

Le débat organisé le 7 février à Blanzy, pour la promotion d’une gestion publique de l’eau en vue des municipales, a rencontré un franc succès. Environ 80 personnes étaient présentes; à la tribune, Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomérations de l’Essonne, a repris à une multinationale la gestion de l’eau sur son territoire. « L’eau n’a pas de prix, ce n’est pas une marchandise », a-t-il dit en préambule aux 80 personnes présentes, avant de raconter son expérience personnelle et d’énumérer tous les bienfaits d’une gestion publique de l’eau pour les usagers.

À la veille des échéances municipales, les futurs élus municipaux et communautaires locaux auront à se prononcer, fin 2017, sur la poursuite de la délégation de la gestion de l’eau par Veolia sur la communauté. Le Parti de gauche, par la voix de Gabriel Amard, a montré qu’il existe une autre solution : la gestion publique, sans passer par la délégation d’une multinationale.

Le conférencier a donné des conseils sur la marche à suivre, qui commence par une votation citoyenne, et a insisté sur les coûts bien moindres d’une gestion publique (37 % en moins à prestations égales). Il a donné des chiffres, parlé des factures peu claires, des délégations privées que sont Veolia, La Lyonnaise des eaux ou Suez, qui semblent plutôt « s’engraisser sur le dos des usagers. L’eau vitale doit être accessible à tous et gérée publiquement. La gestion publique est une solution plus transparente et moins onéreuse. Avant les prochaines échéances municipales, il est temps d’y réfléchir et de questionner les futurs élus. »

Une soirée débat qui a sans doute fait réfléchir l’assistance. Gabriel Amard a terminé en répondant à de nombreuses questions et a précisé que France eau publique est un organisme qui peut aider et conseiller pour démarrer une gestion publique de l’eau. Une affaire à suivre et du grain à moudre pour les futurs élus

Pour les municipales, Eau Secours se jette à l’eau!

5[3]Ce n’est pas qu’un jeu de mot. Pour de vrai, l’association Eau Secours 45 a organisé une baignade hors saison, le 31 janvier dernier, pour attirer l’attention des médias et de la population sur sa campagne pour une gestion publique de l’eau.
Une conférence de presse a été organisée à cette occasion, pour annoncer annonce la tenue d’une table ronde sur l’eau et son mode de gestion,  à laquelle ont été conviés les Maires et les candidat(e)s aux prochaines élections Municipales des 22 communes qui constituent l’AgglO Orléans Val de Loire. (voir article ci-bas)
Tract verso
Publié dans La République du Centre, 10/02/2014
9)-la-Rep-10-février
Publié dans La République du Centre, 9/02/2014
8) la Rep 9 février

Melun : appel à manifester en Seine-et-Marne!

Monsieur le maire de Melun anticipe la fin du contrat entre la ville de Melun et la société des eaux de Melun (VEOLIA EAU) de presque un an. Il demande au conseil municipal de voter le 13 février, lors d’un conseil municipal extraordinaire, un nouveau contrat de délégation de service public de l’eau avec VEOLIA EAU pour une durée de 10 ou 20 ans.

Rappelons que cette délégation concerne également Dammarie les Lys et d’autres collectivités auxquelles Melun vend de l’eau en gros.

•    L’eau n’est pas une marchandise, c’est un bien commun indispensable à la vie
•    L’eau est trop chère à Melun. C’est une des plus chères de la Seine et Marne
•    La gestion privée incite au gaspillage et à la surconsommation
•    Nous, citoyens, voulons reprendre le contrôle de l’eau. Nous ne voulons plus payer   pour les profits des multinationales de l’eau

    •    UNE REGIE PUBLIQUE de L’EAU pour:
•    faire baisser le prix de l’eau
•    réinvestir les profits en faveur de la collectivité
•    promouvoir une gestion écologique et durable de l’eau
•    protéger sur le long terme cette ressource fragile et vitale

Par conséquent, nous demandons aux membres du conseil municipal de ne pas voter ce nouveau contrat de délégation de service public qui liera pour 10 ou 20 ans supplémentaires la ville de Melun à VEOLIA EAU et de renvoyer l’examen de la question après les élections municipales.

Nous appelons toutes les organisations, associations et partis politiques qui se retrouvent dans cet appel à venir manifester le 13 février 2014 devant la mairie de Melun à partir de 19h30.

Premiers signataires :
Partis politiques : EELV, PG, Front de Gauche, Ensemble,
listes candidates aux élections municipales 2014 : “Bien vivre à Melun”,
Associations : Objectif zéro déchets Melun,
Personnalités : Jean-Luc Touly (conseiller régional porte parole de l’ACME association pour la contrat mondial de l’eau), Bénédicte Monville-De Cecco (candidate tête de liste “Bien Vivre à Melun” aux élections municipales de 2014), Fatna Lazreg (conseillère régionale et conseillère municipale d’opposition)

Siné Mensuel mars 2014

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PRESSE / La république 77 Melun

Municipales : la gestion de l’eau s’invite dans les débats

OH2CnqK_BtQ0zM6kOw08Qb9-tjL3Hf2sWOcskf4iECByO52P3WSPZu_7c5gbg8x8ae1IZCoIHwphSPV-UGTGgm5J10o4DokRUCztVW0ZmWMHUJtePlkur2ETCNxkMQ=s0-d-e1-ftFaire baisser les prix de l’eau : une des priorités des candidats aux élections municipales. François Kalfon (PS) a lancé une pétition pour la remunicipalisation de la gestion de l’eau. Et Bénédicte Monville de Cecco (EELV) appelle également à manifester pour une gestion publique.

« Non au renouvellement du contrat Véolia !  » : c’est le titre de la pétition que fait circuler François Kalfon, candidat PS aux élections municipales. Le socialiste appelle les Melunais à signer un appel à la remunicipalisation de l’eau avant le jeudi 13 février, date du prochain conseil municipal durant lequel doit être délibérée la reconduction du contrat avec Véolia pour une durée de dix ans, au moins. Un véritable « un déni de démocratie », pour François Kalfon. « Le renouvellement du contrat avec Véolia sera fixé par le marché passé avec l’entreprise au mois de décembre 2014. Or, la municipalité sortante, au lieu de prendre le temps nécessaire au débat, préfère passer en force en imposant ce renouvellement le 13 février prochain, à l’occasion du conseil municipal », indique la pétition qui comptait vendredi dernier, soit deux jours après sa mise en circulation et sa mise en ligne, quelque 230 signatures.

Manifestation

Un argument électoral de poids, donc. Même discours chez les Verts. Bénédicte Monville de Cecco (EELV) lance un appel à manifester devant la mairie de Melun, le jeudi 13 février, à 19 h 30, soit une heure avant l’ouverture du conseil municipal. « L’eau est trop chère à Melun (5,11 euros le m3 contre 4,15 euros le m3 de moyenne nationale assainissement inclus selon une enquête de ma Confédération Nationale du Logement en 2012, ndlr), remarque la candidate. Nous voulons reprendre le contrôle de l’eau. Nous ne voulons plus payer pour les profits des multinationales. «

Le service public moins cher ?

Alors, la régie municipale est-elle réellement plus économique ? « Non ! insiste Renée Wojeik adjointe chargée des études, des travaux, de la logistique et des réseaux. D’abord, on s’aperçoit que dans certaines villes comme Paris qui ont fait le choix d’une municipalisation de l’eau, certains services comme les relevés des compteurs, les recouvrements sont sous-traités. Par ailleurs, on ne peut avoir aucune certitude que c’est moins cher puisque les embauches de personnels sont noyées dans les budgets municipaux. » Pourtant, certaines collectivités locales ont le choix de passer en régie publique, comme Paris (3,11 euros le m3) et plus récemment la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne qui a fait le choix du service public depuis le 1er janvier 2013. Résultat : une baisse de 12 % du prix de la distribution de l’eau potable. Côté assainissement, une renégociation a permis de diminuer le tarif de 14 % tout en améliorant les prestations (source : Le journal des communes).

Négociations

Autre possibilité, en effet : la renégociation du contrat avec Véolia. C’est ce qu’a fait Pierre Herrero, le maire de Vaux-le-Pénil. Avec une baisse de 30 % sur le contrat de distribution, soit une économie pour une famille moyenne de 4 personnes de 80 à 100 euros par an (le tarif de l’eau est passé de 5,04 euros le m3 à 4,39 euros le m3), l’élu a décidé de reconduire sa délégation de service privée, en décembre dernier. « Nous avons été conseillés par un cabinet spécialisé, Bert Consultant qui a conclu qu’en terme de sécurité et de prix,  c’était le meilleur choix, raconte-t-il. Les appels d’offres ont permis de renégocier le contrat. »  Et de poursuivre :   « à terme, il faudra faire der la gestion de l’eau une compétence de l’agglo et ensuite on pourra se poser la question de la municipalisation. »
Mais sur la négociation avec Véolia pour la ville de Melun, François Kalfon reste sceptique : « Il y a moyen de faire beaucoup plus, lance le candidat socialiste. La municipalité vise un pourboire qui va nous faire avaler l’eau toujours trop chère !  »
Reste maintenant à savoir si le conseil municipal va décider de décaler la délibération à avril. Pas gagné ! « Nous avons démarré ce dossier il y a deux ans, en février 2012 pour arriver à cette échéance », conclut Renée Wojeik.